Aujourd’hui, j’essaie l’équitation western !

C’est parti je me lance ! Aujourd’hui j’essaie l’équitation western. Nombreux sont ceux qui, longtemps attirés par le du Grand Ouest, ont voulu essayer l’équitation dites à « l’américaine ». Mais quels sont ses secrets et ses codes ? Si vous aussi êtes attirés mais que vous hésitez, plus de doute il faut l’essayer. Néanmoins avant de se lancer, quelques questions subsistent. Est-ce que cela va me plaire ? Suis-je assez doué pour y arriver ? N’est-ce pas trop dangereux ? Est-ce que cela coûte cher ?
En voilà de belles interrogations. Je vous rassure, il est tout à fait normal de se poser tout un tas de questions avant de se projeter dans la peau de Lucky Luke. Je vais tenter de vous apporter des réponses claires issues de mon expérience personnelle.Are you ready ?

Pour commencer, le meilleur moyen de savoir si vous êtes fait pour l’équitation américaine est de faire une séance d’initiation.

Pour quoi faire ?

Une séance d’initiation vous permettra tout d’abord de vous familiariser avec le milieu western, ses codes, son éthique, son histoire. Mais aussi de vous habituer aux chevaux et de savoir comment les mettre de votre côté ? De savoir si cela vous plaît et si vous vous y sentez bien. Ainsi, vous pourrez faire un bilan à la fin de la séance vous permettant de faire pencher la balance plutôt pour ou plutôt contre.

Quel est l’équipement adéquat pour monter en équitation western ?

Dans l’idéal, il vous faudra un jean dont les coutures sont à l’extérieur du type Wrangler, pour éviter les brûlures qui pourraient être engendrées par le frottement sur la selle. Il faut que vous vous y sentiez à l’aise, on ne fait pas un concours de beauté, vous n’êtes pas en show western alors évitez le skinny taille basse qui pourrait vous rendre la vie désagréable lorsque vous curerez les sabots de votre cheval ou mettrez le pied à l’étrier.
Si vous n’avez pas ce fameux jean à portée de main, inutile de paniquer. Prenez votre bonne vieille culotte d’équitation qui fera amplement l’affaire. Si toutefois vous voudriez renouveler l’expérience, investissez sur le long terme. Un jean Wrangler coûte aux alentours de 70-80 € mais c’est une valeur sûre.

Les bottes d’équitation western

Côté bottes, une paire de bottes western, robustes, est l’idéal pour les travaux à l’écurie. Privilégiez des bottes à bout rond. Les fameuses santiags, connues pour leurs caractéristiques : bout pointu, talon rentré sous la botte et de nombreux dessins incrustés dans le cuir, ne sont pas faites pour monter à cheval !
Il existe un large panel de bottes, (notamment pour les femmes) avec de nombreuses couleurs. Il y en a pour tous les goûts, du cuir le plus simple au plus travaillé. Différentes hauteurs, avec ou sans trous, petits ou grands talons, les modèles sont multiples. Vous trouverez forcément chaussure à votre pied !

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Vous aurez l’embarras du choix du modèle de bottes qui vous plaira

“Privilégiez des bottes à bout rond.”

Dans le cas, où vous n’auriez pas une paire de bottes western, une paire de boots basique conviendra amplement. Comme d’habitude privilégiez des chaussures confortables dans lesquelles vous vous sentirez à l’aise une fois en selle.
Un exemple de magasin qui vend ce type d’articles : www.western-feeling.fr

Un casque de protection

Pour votre sécurité, préférez le port d’une bombe répondant aux normes de sécurité européennes : CE EN1384 :2012 à un Stetson pour votre première fois. Il ne s’agit pas de vous sentir dans l’âme d’un cowboy aussitôt entré dans le ranch, un accident n’est jamais exclu alors la protection est primordiale.

Les éperons

De prime abord, il ne vous sera pas conseillé de mettre des éperons. Concentrez vous d’abord sur vous, votre position, vos mains et vos jambes.
En progressant vous pourrez aisément chausser les fameux éperons qui font « gling gling ». (exemple de produit : www.socheval.com)

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Équipement type du cavalier western: chapeau, grande chaps, bottes, éperons, chemise

Pour mémoire, les éperons ne sont pas utilisés pour « faire mal » au cheval. Ils ne servent pas à martyriser nos chevaux comme beaucoup peuvent le penser. Bien qu’impressionnants, les éperons font partie de l’équipement conventionnel du cavalier western tout comme en équitation classique sur un parcours de CSO. Le but de cette aide artificielle n’est pas de frapper le cheval, mais de l’accompagner dans certains exercices de dressage.
Vous ne verrez jamais un débutant porter des éperons, tout comme vous ne devriez pas lui faire monter un grand cheval de sport très nerveux. Avant de chausser des éperons, vous devrez d’abord avoir appris à vous servir de vos aides naturelles telles que vos jambes pour donner l’impulsion, contrôler les épaules et les hanches de votre cheval par légère pression. Vos mains, pour lui indiquer la direction par une action de rênes mesurée. Dites vous bien que pour monter n’importe quel cheval, dans n’importe quel centre équestre ou ranch vous aurez toujours besoin de vos aides naturelles. C’est la base de l’équitation.

Pour ceux qui seraient réticents voire même critiques à l’égard des éperons western, sachez qu’il est très rare de voir des éperons molettes à grosses aiguilles comme pouvaient en utiliser les cowboys autrefois. Les éperons d’aujourd’hui sont souvent à molettes dont les bouts sont polis et arrondis. Je les ai testés moi-même sur ma peau afin de voir l’effet réel qu’ils peuvent avoir sur mon cheval. Je vous l’assure, ils ne sont pas offensifs et pas agressifs pour un sou.
Les éperons s’utilisent par légères pressions servant à guider le cheval au cas où celui-ci ne répondrait pas à la stimulation de mon mollet. Une fois en selle, la tige de vos éperons doit être maintenue parallèlement aux flancs de votre cheval et être en contact avec celui-ci uniquement si nécessaire. Ce sont d’abord vos jambes et vos mollets qui sont en contact direct avec les flancs de votre cheval et non pas vos éperons.

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La cavalière (moi) demande à son cheval de se déplacer latéralement par une légère pression de jambe

La découverte peut commencer

En principe, prévoyez d’arriver un peu en avance, cela vous permettra de visiter les lieux, de voir les installations et de vous faire un avis global sur l’aspect, la propreté et l’environnement dans lequel vous évoluerez peut-être avec votre cheval. En général, les ranchs sont agrémentés d’une grande carrière et/ou d’un manège couvert (pour les plus chanceux), d’un rond de longe permettant de détendre les chevaux mais aussi de les travailler en liberté, et d’un coin douche. La spécificité des écuries western ce sont les larges corridors ornés de part et d’autre de boxes.

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Large corridor central

Très souvent, la préparation des chevaux se fait hors du box dans une allée centrale, le cheval est attaché des deux côtés du licol. Cela permet au cavalier de circuler plus facilement autour de celui-ci et de le préparer en toute sécurité.

L’accueil qui vous sera dispensé lors de votre arrivée est très important pour vous mettre en confiance. La sympathie des gens qui y travaillent est primordiale pour passer de futurs bons moments au sein de la structure.

Une explication préalable sur l’histoire du western est requise pour les curieux. Cela vous aidera à connaître et comprendre le besoin initial des cowboys à pratiquer cette équitation de travail (lien 1er article). Puis, le moment tant attendu, le plus excitant pour un cavalier : la présentation à son cheval. Savoir que vous allez monter l’un des nombreux poulains d’un grand champion dont la terminologie se terminerait par « Doc O’Lena » devrait vous donner des frissons. En équitation western, nous sommes fiers de présenter un cheval bien né, alors c’est vrai qu’on ne lésine pas sur sa lignée.

La prise de contact avec le cheval et son environnement

Il est essentiel que le professeur vous accompagne dans la prise de contact avec votre destrier des prochaines heures. Savoir comment l’aborder au boxe, prendre le temps de le caresser, de le laisser vous sentir avant de lui passer le licol autour du cou sont des étapes à ne pas zapper.
Le western rejoint les règles de l’éthologie pour le du passage du licol. Vous ne verrez jamais un cowboy se mettre sur la pointe des pieds pour mettre un licol à un cheval qui lève intempestivement la tête pour signer un refus total de coopérer. Vous ne le savez peut-être pas, mais si cela vous arrive, votre cheval vous teste. Si cela marche une fois, il ne se gênera pas pour en profiter.

“En équitation américaine, tout se fait dans le calme et la douceur.”

Le cheval doit céder sa nuque et vous rendre la tâche facile. Pour cela, il vous suffira de passer votre bras sur le haut de sa nuque pour lui demander de la baisser. S’il s’exécute, vous pourrez alors lui passer son licol et relâcher la pression exercée par votre bras. Griller des étapes aussi importantes permettrait au cheval de vous catégoriser à peine entré dans son boxe. Votre crédibilité à ses yeux serait alors entamée.

Le cheval western est comme tous les autres chevaux, non pas feignant, mais moins il en fait mieux il se porte. S’il repère la moindre faille il n’hésitera pas à vous en faire baver dès le départ. Je m’explique : il pourrait très bien commencer par vous embêter en tournant la tête pour esquiver la mise en place du licol ou la lever carrément, comme bon nombre de chevaux se plaisent à le faire. Puis, une fois pansé, il pourrait adopter une attitude « méchante » lorsque vous essayerez de l’approcher avec la selle comme pour vous décourager de la lui mettre sur le dos. Sachez que les Quarter Horse sont des chevaux très intelligents ils anticipent très souvent ce que l’on va leur demander à mon grand désespoir. Toutes les méthodes sont bonnes pour vous embêter, et ils sont très forts pour ça. Posez-vous alors la question : Qui est-ce qui commande ?

“Expérimentés ou débutants, des connaissances en équitation ne sont pas indispensables pour débuter en équitation western.”

En équitation western pour arrêter son cheval, il suffira de lui dire « woow « tout en écartant légèrement les jambes. Pour partir au galop, il vous faudra faire le fameux « kiss » en simulant le bruit avec votre bouche tout en reculant votre jambe extérieure. Pour monter à cheval, les cowboys ont privilégié la sécurité. Ainsi, en se tournant vers la tête du cheval pour chausser votre étrier plutôt que vers sa croupe, vous pourrez le retirer plus facilement s’il décidait de partir au moment où vous mettez votre pied dedans.

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La cavalière (toujours moi) se tourne vers la tête de son cheval pour monter

Si vous bénéficiez d’une très bonne culture classique et que votre dressage répond aux règles d’équitation délivrées dans les livres, vous n’aurez aucun problème à vous adapter à la monte western.

“D’ailleurs, de grands cavaliers professionnels de dressage et de western s’amusent à s’échanger leurs chevaux lors de spectacles.”

Le résultat qui en découle est significatif puisque les chevaux répondent exactement aux mêmes stimulations pour un départ au galop, pour effectuer une transition ou encore pour faire un déplacement latéral.

Le point commun à toutes les équitations est de savoir monter avec ses jambes. Comme dirait mon « prof », à cheval on peut être « manchot » mais pas « cul-de-jatte ». Pour monter à cheval, il faut avoir des jambes, un cheval même à l’échauffement doit être actif et marcher avec vigueur. Sans cela, vous lui apprendrez à se laisser porter, vous ferez tout le travail à sa place en essayant de gigoter dans tous les sens pour le faire avancer plus vite. Je vous parie qu’à la fin de la séance vous serez beaucoup plus fatigué et courbaturé que lui.

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Je parle en connaissance de cause, je suis moi-même passée par ces phases où, après de longues semaines d’absence, remettre le pied à l’étrier n’est pas aussi simple qu’on le croit.

C’est pourquoi, vous devriez débuter la séance par du Showmanship, discipline liant des exercices à pied entre le cavalier le cheval. Vous pourrez alors voir évoluer votre cheval tout en étant à ses côtés. Le but est de le travailler à l’arrêt, au pas et au trot pour le détendre et le préparer aux exercices que vous lui demanderez une fois en selle. Cet échauffement se fait dans la décontraction, il vous permettra d’avoir un aperçu des réactions de votre cheval lorsque vous lui demanderez un arrêt net depuis le pas ou le trot par exemple.
Ce passage est utile pour nouer un premier contact, et le début d’une longue complicité avec votre monture. Cette étape clé, permet également de se rendre compte de notre manière de demander les choses à notre cheval. Par exemple, une fois que j’ai exercé une légère tension sur la longe pour qu’il recule, ai-je bien relâché la tension dès qu’il y a répondu ?

Ce qui m’a marqué à mes débuts, c’est l’utilisation des rênes. En effet, comme elles ne sont pas liées elles peuvent facilement glisser. Il suffit que le cuir soit un peu dur pour qu’elles deviennent quasi inutilisables. La tenue des rênes doit s’adapter en fonction du mors que vous aurez choisi sur la bride de votre cheval. Avec un mors de filet, vos rênes devront être tendues et en contact constant avec l’encolure de votre cheval. Tandis qu’avec un mors de bride, vos rênes devront être un peu plus souples et relâchées tout un gardant un léger contact avec sa bouche pour le garder à l’écoute et en place.

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Faire un “pont” avec ses rênes permet un meilleur maintien

Pas d’inquiétude, lors de votre séance découverte vous monterez probablement avec un mors de filet et à deux mains. Comme avez pu le voir sur des photos ou vidéos, l’équitation western se pratique à une seule main en concours, ce qui peut parfois compliquer un peu la tâche quand on débute. La tenue des rênes n’est pas simple si on n’a pas l’habitude, mais cela vient relativement vite en faisant un petit « pont » comme pour les entrelacer. Cela vous permettra de les ajuster facilement.

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Ask and show

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En compétition, le cavalier doit tenir ses rênes dans une seule main

Pour diriger votre cheval il vous suffira d’appliquer à la lettre la méthode « show and ask » qui se résume par indiquer à votre cheval l’endroit où vous voulez aller et ensuite lui demander d’y aller.

Le coût des séances

Le coût d’une séance varie d’un ranch à un autre (cf. liens). Vous pourrez ainsi vous faire une idée des tarifs demandés, ils sont sensiblement les mêmes qu’en équitation classique. Pour une initiation, les prix sont aux alentours de 40 €. Les cours doivent être donnés par des enseignants diplômés d’un BPJEPS option western ou a minima par un élève en apprentissage BPJEPS western. Etre licencié FFE est nécessaire en cas d’accident.

Êtes-vous prêt à tenter l’expérience ?

Si après une séance d’initiation vous n’êtes pas convaincu, n’hésitez pas à aller voir ailleurs. Le climat ne vous convenait peut-être pas ou n’était pas adapté à votre besoin. Bien entendu, tout comme en équitation classique vous pourrez passer vos galops western (examens fédéraux dispensés par la FFE).
N’hésitez plus, les portes du Wild Wide West vous sont ouvertes !

Où pratiquer l’équitation western en France ?

Voici mon Top 10 des meilleurs ranchs français. Je vous laisse découvrir le panel des bonnes adresses en espérant qu’il y en ait un près de chez vous :

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Les photos ont été prises au Top Ten Ranch Quarter Horse, 27.
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